Il s'est passé quelque chose de particulièrement navrant sur le plateau du "Grand Journal" de Canal+, ce jeudi 28/11 .

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La tentative d'hypnose de Max Boublil - Le Grand Journal du 28/11

On s'est donc autorisé à assommer un inconnu, en direct, à une heure de grande écoute, simplement pour faire rire.

La scène ne semble pas jouée : comment le spectateur aurait-il évité un geste de protection devant le coup s'il l'eut su venir ? En tous cas, pas le moindre signe de compassion pour la victime. La camera reviendra sur le corps étendu, plus tard, mais ne s'y attardera pas : il faut avancer coûte que coûte vers la nouvelle séquence de divertissement pour continuer à aspirer l'intérêt du public et donc les recettes publicitaires.

Mais l'essentiel est que cela n'apparaisse pas joué. Cela signifie qu'il est tout-à-fait possible d'assommer quelqu'un simplement pour faire rire. Cette possibilité venant de personnes qui sont affichées comme référence pour une vie réussie, elle prend en quelque sorte une valeur exemplaire.
 
Les centaines de milliers d'enfants témoins de la scène ne peuvent qu'y trouver une invitation à utiliser la violence comme simple moyen pour rire. La violence n'est plus une frontière morale infranchissable, elle est une manière de se faire plaisir. Sûr que certains s'en rappelleront dans les cours de récréation ou ailleurs : on peut laisser libre cours à son penchant à la brutalité ... et laisser la victime en souffrance pour se réjouir collectivement.

Bon courage à tous nos instituteurs, et à notre Ministre de l’Éducation, engagés dans une campagne contre la violence à l'école !

Bon courage à tous les éducateurs (c'est-à-dire à peu près tous les adultes) !

Faut-il rappeler à ceux qui composent des émissions de télévision vers des millions de citoyens qu'il y a le principe de fraternité dans ce qui constitue notre pacte républicain ? Et à juste titre. Car la fraternité est consubstantielle à notre humanité commune même si la société organisée pour la circulation des marchandises ne veut voir que la compétition et la rivalité. La preuve en est qu'au moins au fond d'eux-mêmes, je suis prêt à le parier, ils ont été des millions à ressentir comme insupportable ce rire collectif devant cet inconnu assommé.

Disons-le ! Disons que cette violence arbitraire et cette veulerie nous insupportent et qu'elle ne peut qu'avoir des effets ravageurs sur la vie sociale !